Alerte Climatique – Un iceberg sur la Seine

17 08 2009

Une fois de plus, GreenPeace a créé l’événement début juillet, pour alerter les chefs d’état du G8 et mobiliser l’opinion publique sur l’urgence d’agir pour contenir la crise climatique, en installant un immense iceberg gonflable sur la Seine.

Il y a urgence a faire prendre conscience à nos dirigeants de l’ampleur de nos attentes en termes de lutte contre la crise climatique. Il y a urgence à les presser de laisser de côté leurs intérets individuels à court terme pour s’engager résolument dans une politique fédératrice globale de de lutte contre le réchauffement climatique. Pour celà, je vous invite à signer la pétition Copenhague-2009 de GreenPeace!





Le petit âge de glace

6 01 2009

La vague de froid qui balaie la France fait les gros titres de la presse. Elle fait aussi la joie des enfants et quelques pare-chocs froissés. Finalement quoi de plus normal que de la neige et un peu d’air froid en janvier! Pour ma part, j’adore ces belles journées d’hiver, froides et ensoleillées.

Imaginons maintenant que cette vague de froid ne dure pas une semaine mais 4 à 5 mois, chaque année, avec des températures moyennes de l’ordre de -5 à -10°C et des pics vers -30°C. Là ça devient moins drole et notre Loiret prend des allures de grand nord Canadien.

Et bien pourquoi pas?

Car justement le “grand nord Canadien” n’est pas tant au nord que ça

 Comparons Orléans et Montréal :

  • Orléans, à environ 48° de latitude Nord et 100 m d’altitude, à le climat que nous lui connaissons.
  • Montréal, à environ 45,5° de latitude Nord (soit celle de l’embouchure de la Gironde) et environ 50 m d’altitude (30 m pour l’aéroport), connait 4 à 5 mois d’enneigement et des températures moyennes de -9°C en janvier, avec des pics autour de -30 à -35°C.

Voici un paradoxe climatique qui nous favorise largement puisque nous disposons d’un climat très clément à des latitudes plus élevées que la plupart des grandes villes de l’Est Canadien. La raison en est, bien sur, l’influence du Gulf Stream, courant océanique qui transporte jusqu’à nos côtes des calories des eaux chaudes du large de la Floride.

Ce courant océanique peut il s’arreter? La réponse à cette question est oui, sans aucun doute. Le Gulf Stream s’est déjà arrété à la fin de la dernière période glaciaire (Würm, il y a environ 12 000 ans), en raison d’un apport important d’eau douce, du à la fonte de l’inlandsis du bouclier Canadien, qui a suffisament perturbé cette circulation océanique pour la stopper. Le résultat fut un petit âge glaciaire sur l’Ouest de l’Europe qui dura plusieurs siècles.

L’actuelle fonte des glaces du Groenland génère un apport deau douce comparable dans l’Atlantique nord. Depuis plusieurs années, les scientifiques ont mesuré un ralentissement significatif de la circulation océanique. Il estiment que cette circulation pourrait s’interrompre de manière assez rapide, sur une durée de l’ordre d’une dizaine d’années pour les plus pessimistes.

Imaginons maintenant l’impact d’un changement climatique aussi spectaculaire sur l’Ouest de l’Europe, en termes de production agricole, d’habitat et d’infrastructures, de réseaux de transport et de distribution … inutile de faire un dessin quand on voit déja l’affaire que représentent 5 cm de neige sur l’Ile-de-France!

Aussi, sans sombrer dans le catastrophisme, gardons à l’esprit que le climat particulièrement clément que nous connaissons n’est pas immuable. La course effrénée de nos sociétés occidentales à la consommation, à l’épuisement des ressources et à la dégradation de notre environnement pourrait le remettre sérieusement en cause. Il n’est pas absurde d’imaginer que, dans un avenir pas si lointain, la météo que nous considérons aujourd’hui comme une violente vague de froid soit interprétée comme un redoux spectaculaire.

Alors une fois de plus, restons humble et gardons à l’esprit que chacune de nos actions a un impact sur le long terme!

 

montrealsouslaneige

Montréal (Canada) sous la neige





La grande débâcle de l’Arctique

20 12 2008

Le congrès d’automne de l’AGU (American Geophysical Union) s’est tenu cette semaine à San Francisco. Cet évènement annuel, auquel j’ai eu la chance de participer à quelques reprises, rassemble les meilleurs spécialistes des sciences de la terre à travers le monde.

Parmi une multitude de travaux passionants présentés, ceux du National Snow and Ice Data Center (NSIDC) ont été particulièrement remarqués puisqu’ils apportent de nouvelles données qui viennent confirmer le phénomène d’”amplification arctique”. Ce terme désigne une série de phénomènes en cascade qui se cumulent dans la région arctique, avec pour effet de démultiplier le réchauffement climatique par rapports aux latitudes plus basses.

La fonte estivale accélérée des glaces arctiques modifie sensiblement l’albedo en libérant une plus grande surface d’eau libre qui stocke ainsi une plus grande quantité d’energie solaire et ralentie la reformation de la banquise en automne. Ce phénomène peut s’auto-amplifier d’une année sur l’autre avec pour conséquence un réchauffement plus rapide de la région arctique. Ainsi, si les modèles climatiques du GIEC prévoient une augmentation moyenne de température de 3°C à la fin du siècle, elle pourrait atteindre 7°C en Arctique.

Un autre effet induit du réchauffement des eaux arctiques est la possible destabilisation des hydrates de méthane piégés dans le plancher océanique. La libération dans l’atmosphère de ce puissant gaz à effet de serre, dont la quantité estimée est de l’ordre de mille milliards de tonnes dans la zone arctique, aurait des conséquences graves sur l’évolution du climat.

Si les données du NSIDC viennent confirmer le phénomène d’amplification que prévoyaient les modèles, elles montrent aussi à quel point le réchauffement est rapide. Ainsi, pour Julienne Stroeve, climatologue du NSIDC à l’université du Colorado, “ce qui se produit était prévu, mais on ne l’attendait pas si tôt.” Les données sont suffisament préoccupantes pour que son collègue Mark Serreze suggère, dans son exposé, que l’année 2008, voire même 2007, puisse être celle du point de non retour qui verrait le phénomène s’emballer.

Arctique et Antarctique sont considérés par les climatologues comme les “signaux d’alarme” du réchauffement climatique en raison de leur forte exposition. Ces conclusions scientifiques alarmantes viennent s’ajouter à d’autres qui prouvent des faits tangibles. Il reste maintenant à les faire entendre et accepter par nos dirigeants, suffisament pour provoquer une inflexion majeure des politiques. C’est là sans doute l’étape la plus difficile! Quelle frustration quand on mesure toute l’urgence du problème!

 

antarctica