Emprunt national

25 06 2009

Gégé – appelons-le Gégé, ça n’a pas d’importance – est un type plutôt sympa. Il est poli, il présente bien, il a beaucoup d’amis, un type bien ce Gégé. C’est le gars qui s’occupe de votre copropriété.

Vous n’avez rien contre lui, mais par moment Gégé il vous agace un peu : pour commencer, il vous tape cent ou deux cents Euros par mois. Et puis Gégé il merde un peu avec les comptes : la copropriété, il l’a endetté tellement que vous n’en voyez pas le fond de cette dette. On se demande ce qu’il a bien pu faire de tout cet argent!

Et puis cette année, Gégé il est bien embarassé : avec toute cette pluie et tout ce soleil, l’herbe de la copro a poussé comme jamais. Il n’y peut rien Gégé, mais voilà, il doit racheter une nouvelle tondeuse. En plus l’ancienne est trop vieille. Mais il n’a pas prévu de budget pour acheter une nouvelle tondeuse. Et puis l’essence a augmenté aussi.

Alors Gégé il vient vous voir et il vous demande de lui préter de l’argent. Mais vous, vous êtes méfiant! Forcément, avec tout l’argent qu’il vous tape déja chaque mois et qui file sans trop qu’on sache où, et la dette abyssale de la copro, vous êtes méfiant.

Maintenant, admettons que Gégé s’appelle Nicolas, et que la copro c’est votre pays. Et bien moi je suis toujours autant agacé.

Son copain Eric a beau nous affirmer que “cet emprunt sera dédié”, il a beau nous expliquer qu’il faut distinguer le deficit de crise, le déficit structurel et le déficit d’avenir, ça n’y change rien. Moi, ce que je vois c’est que Nicolas, et Jacques avant lui, et François avant Jacques, ont géré le pays comme des sagouins!

Et François (pas celui d’avant Jacques, un autre copain de Nicolas) a beau jeux de nous dire qu’il faut impliquer les citoyens pour faire face à la crise que traverse le pays! Quand on sait que la pression fiscale du pays est déja parmi les plus fortes au monde, on peut penser que les citoyens, et bien ils sont déja largement impliqués!

Alors je dis pas que je ne vais pas lui préter un billet à Nicolas, parce que la copropriété c’est important, mais franchement je vais hésiter … beaucoup hésiter!





Chômage, quand tu nous tiens!

29 05 2009

Notre premier Ministre François Fillon eut au moins le mérite d’être franc – ou voulait-il préparer les esprits à des chiffres de l’emploi calamiteux attendus pour ce vendredi soir? - en abordant la question du chômage ce matin : “On aura une augmentation du chômage qui se poursuivra tout au long de 2009 et peut-être un peu au début de l’année 2010″, a-t-il affirmé sur Europe 1. Et ce, même si “les plans de relance européens vont donner tous leurs effets à partir de l’été”.

A qui la faute? Pas au gouvernement, évidemment, puisque, toujours selon M. Fillon, “pour que l’économie crée des emplois, il faut qu’elle soit en croissance d’au moins 1,5 à 2 pour cent”. Pour mémoire, le PIB de la France est attendu en chute de 3% cette année, et en très légère croissance en 2010.

La démonstration est limpide  : il y a une crise, le gouvernement n’y peut rien, la crise détruit des emplois, le gouvernement n’y peut rien non plus.

Certes la crise est grave, elle dépasse très largement la responsabilité du gouvernement, mais cet aveu d’impuissance est très inquiétant car il révèle toute l’incapacité de notre pays, lourdement endetté, à affronter cette crise. Nous payons aujourd’hui le prix de décennies de gouvernance irresponasble, de droite comme de gauche, qui a conduit notre pays à un endettement sans précédent et lui a retiré toute capacité à affronter une crise grâve, ou à mener un projet politique réellement ambitieux.

La note que nous ont laissé nos dirigeants, qui se succèdent depuis plus de 20 ans, est saléee. Et comme d’habitude, se sont les salariés touchés par les plans sociaux – ils sont en train de grossir les rangs des bientôt plus de 3 millions de chômeurs – qui vont la payer.

Tout va bien, le Titanic coule, mais l’orchestre continue de jouer!





Nouveau sport national : la séquestration de patron

18 04 2009

La crise financière puis économique est responsable, parmi tant d’autres conséquences, de la débacle sociale dont les médias nous rapportent chaque jour de nouveaux épisodes et que les salariés subissent de plein fouet. Plans sociaux et fermetures d’usines s’enchaînent sans que rien n’annonce le bout du tunnel (et l’annonce de Mme Lagarde que “2010 sera l’année de la reprise” ne me rassure en rien, tant elle nous à démontré sa haute maitrise de la langue de bois et de la contre-vérité).

Dans ce contexte d’incertitude, et même d’inquiétude, économique et sociale, il est tentant de chercher des responsables, au risque d’en faire des bouc-emissaires. Ce furent les traders et autres têtes brulées de la finance en 2008. Ce sont les patrons aujourd’hui. Et là, plus que pour les financiers, il y a un truc qui me gène : gardons nous de diaboliser les patrons!

Mes convictions personnelles me pousseraient plus vers les “petites gens laborieuses” que vers les “grands patrons”. Je comprends la detresse des salariés rattrapés par la crise et le chômage. Mais les patrons ne sont pas responsables de la crise : ils la subissent pour la très grande majorité d’entre eux. Peut-être peut-on leur reprocher un manque d’anticipation, mais qui, honnêtement, avait anticipé l’ampleur de la crise?

Je ne doute pas que certains chefs d’entreprise cyniques et sans scrupules ne profitent du contexte pour se dédouaner à bon compte. Mais, il reste tous les autres, entrepreneurs passionnés, qui ont oeuvré dur pendant des années pour développer une entreprise qu’ils voient aujourd’hui au bord du gouffre. Pour nombre de ceux-là, le licenciement est un chemin de croix dont ils se seraient volontier passé.

Et, au-delà, sequestrer un patron qui annonce un plan social (fut-il ou non justifié) n’est en rien une pratique acceptable : sans remettre en doute le désaroi des salariés touchés, qui est réel et légitime, c’est transformer le “dialogue sociale” en “racket sociale” ou l’on use de force et d’intimidation pour obtenir quelques miettes d’indemnités supplémentaires.

Je ne blame pas les salariés s’adonnant à cette pratique, qui a malheureusement tendance à devenir courante, car leur detresse est réelle. J’y vois plutôt une dérive malsaine de notre société, qui doit gérer elle-même les conséquences d’une crise économique à laquelle notre gouvernement est incapable de faire face, par manque de réactivité, de marge de manoeuvre, de réponses adaptées, … Je ne reviendrai pas sur notre pathétique plan de relance, qui en dit long sur l’incapacité de nos dirigeants.

… y a-t-il un pilote dans l’avion?





Plan de relance, c’est parti!

19 12 2008

Le plan de relance de 26 milliards d’Euros a été adopté ce matin!

J’en viens à me demander à quoi il sert puisque Mme Lagarde se refuse toujours à voir la récession qui, selon l’INSEE, nous attend pour 2009, et que – avec ou sans – ses prévisions de croissance ne diffèrent guère. “Il faut se garder de tout pessimisme” disait-elle ce matin … de ce côté, on est tranquille!

Il n’empèche, les premiers résultats ne se font pas attendre puisqu’un nouvel emploi a déja été créé : Patrick Devédjian a un nouveau job de ministre!

Un plan anti-crise-pour-quand-c’est-pas-trop-la-crise à effet immédiat, il est trop fort ce plan de relance!





79,3 Milliards

18 12 2008

C’est le montant, en Euros, du déficit publique que Bercy prévoit pour 2009 (source : France Info), soit une augmentation de 40% (excusez du peu!) par rapport à celui - déja record! – de 2008 évalué à fin septembre (56,6 Milliards)! Et c’est sans compter les “ajustements” auxquels nous sommes maintenant habitués et qui ne manqueront pas.

La cause serait le plan de relance. Si, de mon point de vue, il manque de cohérence et d’ambition, il n’en plombe pas moins les finances publiques. La vraie cause, en fait, est le manque totale d’anticipation de tous les gouvernements qui se sont succédés depuis des années et vivent au dessus de leurs moyens. N’importe quel ménage géré comme l’est notre république serait interdit bancaire depuis belle lurette!

Il n’empèche, il faut reconnaitre une chose à Mme Lagarde : 79,3 Milliards, même Bernard Madoff ne peut pas rivaliser!





Cupidité

16 12 2008

mis

Bernard Madoff était depuis des décennies un génie de la finance. Ex-président du Nasdaq, ami des plus grandes fortunes américaines, il était l’archétype du golden boy de Wall Street.

Son fond d’investissement, Madoff Investment Securities, connaissait un succès spectaculaire, avec des rendements, de l’ordre de 7 à 11%, d’une régularité stupéfiante.

Une belle success story à l’américaine …

… jusqu’à ce que tout s’écroule le week-end dernier!

Et derrière le décor glamour du fond d’investissement aux performances exemplaires, derrière le sourire bonhomme de son dirigeant, c’est le plus gros scandale financier du XXIème siècle que toute la finance mondiale découvre, médusée : une escroquerie pyramidale ou les derniers investissements financent les plus-values des précédents. Un système qui a fonctionné à merveille pendant des années jusqu’à ce que la crise pousse un grand nombre d’investisseurs à dégager leurs avoirs, provoquant l’éffondrement du système.

Le nombre des grands noms de la finance internationale exposés est spectaculaire. Même si elles sont difficiles à chiffrer, les pertes potentielles estimées sont énormes, y compris en Europe : 2.3 Milliards d’Euros pour l’Espagnol Santander, Près d’un Milliard pour HSBC comme pour Fortis, 460 Millions pour la Royal Bank of Scotland, 450 Millions pour Natixis, 350 Millions pour BNP Paribas pour n’en citer que quelques uns (source : Le Monde). Les grands groupes financiers ne sont pas les seuls touchés : des universités, des fondations caritatives, ainsi qu’un grand nombre de particuliers ont placé leur patrimoine dans Madoff Investment Securities. La Fraude, que Bernard Madoff a avoué au FBI, atteindrait un montant de 50 Milliards de dollars, soit l’équivalent du PIB du Luxembourg.

Ce scandale, difficilement imaginable sur de tels montants et sur une telle durée, soulève quelques questions :

  • Que des investisseurs particuliers se fassent berner peut se comprendre, mais comment expliquer que des grands groupes financiers investissent des Milliards sur des produits qu’ils ne maitrisent pas?
  • Comment expliquer que les produits financiers de Madoff Investment Securities n’aient été audités que par un minuscule cabinet pendant des années?
  • Comment expliquer que les autorités de régulation et de contrôle des marchés financiers, et notamment le SEC (équivalent américain de notre AMF) qui a enquété sur Madoff Investment Securities en 1992, 2001, 2005 et 2007, n’aient put mettre à jour la fraude pyramidale?

La réponse à ces questions tient, je pense, dans un fait très simple : quand un produit financier rapporte 10% par an avec une régularité exemplaire, on ne cherche pas à en savoir plus.

La forte volatilité qui agite les marchés en ces périodes de crise montre à quel point ils sont gouvernés par la peur. Le scandale Madoff montre à quel point ils sont gouvernés aussi par la cupidité.

La moralisation de la finance mondiale est un noble objectif … mais l’actualité ne cesse de nous montrer à quel point la tâche sera difficile!





Dix millions

8 12 2008

 merrilllynch

Ce n’est pas le montant des gains du prochain tirage du loto, mais le bonus – en dollars – que John Thain, directeur général de Merrill Lynch, a suggéré aux membres du conseil de la banque d’investissement de lui accorder (source : Reuters).

Souvenons nous que Merrill Lynch est une banque d’affaires Américaine qui, après avoir accumulé quelques milliards de dollars de pertes, a du, pour éviter la faillite, se brader à Bank of America.

Mais John Thain, outre un culot qui laisse pantois, dispose d’un argument en béton : la transaction qu’il a piloté avec Bank of America a, selon lui, évité à Merrill Lynch une crise beaucoup plus grave!

Si l’argument “ça aurait pu être pire” est suffisant pour se voir accorder bonus ou augmentations, plus aucun salarié n’a de raison de se faire du souci pour son pouvoir d’achat!

Qui parlait d’autorégulation de la finance mondiale?





Deux plus deux égale deux

5 12 2008

Mme Lagarde, ministre de l’Economie, annonçait ce matin une prévision de croissance comprise entre 0.2 et 0.5%, en tenant compte du plan de relance annoncé hier par Nicolas Sarkozy (censé se traduire, selon l’Elysées, par un gain de croissance de 0.6%).

Or, dans ses dernières prévisions (novembre), qui ne tenaient pas compte du plan de relance, le Gouvernement tablait sur une croissance comprise … entre 0.2 et 0.5% (source : AFP)!

Cherchez l’erreur!

Doit-on y voir un aveu d’incompétence? Je ne pense pas, mais du grand foutage de gueule, c’est possible!

J’aimerais croire que Mme Lagarde revient à plus de réalisme avec ses derniers chiffres, mais je n’y arrive pas, tant elle a élevé le déni de crise et l’optimisme béat (du moins de façade) à des niveaux rarement atteints!





Trou noir!

21 11 2008

A la fin du dernier été, certains esprits chagrins annonçaient une possible fin totale et définitive de notre monde puisque, selon leurs dires, le LHC – nouvel accélérateur géant de particules du CERN – pourrait générer un trou noir capable d’engloutir, en une fraction de seconde, Genève, les Alpes, la Suisse, l’Europe, la Terre et toute la galaxie avec!

Et bien j’ai le regret de leur annoncer qu’ils se sont bien plantés! Non, leur trou noir ne s’est pas matérialisé – pour autant qu’un trou noir puisse se “matérialiser”! - à Genève … mais à Paris, au Palais Brongniart précisément, en même temps que d’autres à New York, Londres, Franckfort, Amsterdam, Tokyo, Hong-Kong …

Et - de fait - ils semblent bien vouloir tout avaler : croissance, emploi, investissements des entreprises, consommation, pouvoir d’achat, confiance des ménages, l’économie toute entière, jusqu’à l’inflation qui devient menace de déflation pour 2009! Les remèdes de cheval à coup de centaines de milliards et de baisses mondiales des taux semblent bien impuissantes à enrayer des convulsions qui agitent nos sociétés sans en épargner aucune!

Cette semaine le CAC40 a enfoncé sans effort les 3000 points – accusant un repli de 57% depuis son plus haut historique! - et rien ne semble pouvoir arreter sa folle dégringolade. J’entends depuis des mois que “la baisse des cours a déjà largement anticipé les mauvaises nouvelles”, mais des mauvaises nouvelles il en vient toujours plus et les indicateurs ne cessent de se dégrader. On pense n’avoir touché le fond que pour le voir à nouveau se dérober sous nos pieds!

Comme des millions de petits actionnaires, j’ai vu mon patrimoine fondre tel une boule de neige sur le grill. Certains diront que je ne suis qu’un capitaliste qui cherchait à s’enrichir sur le dos des travailleurs, et que c’est bien fait pour moi. Je comprends leur point de vue. C’est vrai que mon but était de faire une plus-value, je l’admets et je l’assume. Il n’empèche, je ne suis pas rentier et, comme des millions de petits actionnaires, j’ai épargné cet argent sur ma fiche de salaire mensuelle pour le mettre à la disposition de l’économie de notre pays, au service d’entreprises dans lesquelles j’avais confiance, que je jugeait (et que je juge toujours) capables de générer de la richesse, de l’emploi et de la croissance. C’est comme ça, je ne regrette rien : Je connais les risques liés aux placements financiers et je les assume.

Alors maintenant, que faire? Vendre? Acheter? … je dirais surtout prendre un peu de recul! … Continuer à épargner, en prévision de jours meilleurs, et peut-etre – pourquoi pas? – découvrir ou redécouvrir que nous sommes entouré de trésors qui ne s’évaluent ni en Euros, ni en Dollars : l’amour de nos proches? une bonne santé pour eux et nous-même? des amis sincères? la chance de pouvoir nous interesser au monde qui nous entoure? … Que sais-je, mille autres choses qui n’ont pas de prix!

… et que le trou noir du Palais Brongniart ne pourra pas emporter!

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